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Nohad Salameh poète franco-libanaise. Archéologie du rêve. Un kaléidoscope métamorphique.

Photo du rédacteur: Editions d'art FMAEditions d'art FMA

Lecture de l'œuvre poétique de Nohad Salameh, poète franco-libanais, l'une des voix les plus importantes de la francophonie contemporaine.

Article de Giancarlo Cavallo . Parution : mars 2025

Nohad Salameh, poète franco-libanais

« Il paraît difficile, voire impossible, de priver le Poème de sa légitimité, qui se définit par l'authenticité . C’est dans cette sphère vitale que le texte germe. En dehors de ce lieu de vie, toute écriture se réduit à un morne piétinement au royaume du copier/coller et des métaphores gratuites. Quand nous écrivons, nous écrivons nous-mêmes, devenant à la fois le moule et le contenu ; Notre langage se développe alors au rythme d’une double pulsation : cérébrale et charnelle. » N. Salameh dans Gwen Garnier-Duguy, Rencontre avec Nohad Salameh , Recours au poème 13 juin 2014 Quelle meilleure et plus exemplaire manière de commencer cette tentative de lecture de l'œuvre poétique de Nohad Salameh, une autrice que je n'ai pas rencontré personnellement jusqu'à présent, mais dont j'ai connu et traduit les poèmes, grâce à l'excellente intuition de Rossella Nicolò, qui, à travers la rencontre virtuelle avec une femme d'une grande courtoisie et disponibilité, a conduit à la publication en Italie de Il tempo muore delle sue ferite (Gattomerlino edizioni, Rome 2024, traduction de R. Nicolò et G. Cavallo, postface de R. Nicolò ; ci-après par souci de concision Il tempo muore ), son premier livre italien composé d'œuvres totalement inédites.

Je considère qu'il est vraiment important de pouvoir diffuser, au moins parmi les passionnés, le don précieux des mots et des visions fascinantes de la poésie de cette autrice, un kaléidoscope métamorphique dans lequel chaque petit mouvement correspond à une nouvelle imagination extraordinaire. Devant résumer dans un espace limité une activité poétique qui s'est étalée sur plusieurs décennies et plusieurs événements significatifs, je proposerai dans un premier temps de brèves notes bio-bibliographiques qui pourront guider le lecteur avant de passer à l'analyse habituelle de certains textes.

Une adolescence levantine


Saïda/Sidon et Baalbek/Héliopolis (Ed. du Cygne, Paris 2024) compte parmi les livres les plus récents de Nohad Salameh et porte le sous-titre Une adolescence levantine ; en fait Nohad est née à Baalbek au Liban, et dans ces villes (les susdites Sidon et Baalbek) riches en importantes découvertes archéologiques des époques phénicienne et romaine (mais avec des traces encore plus anciennes) s'est déroulée son adolescence, avec un père, Youssef, archéologue, mais aussi poète en arabe et fondateur de la revue littéraire Jupiter, dont elle a hérité le goût des mots et une approche vitale des symboles. Découverte dans sa jeunesse par Georges Schéhadé qui voit en elle « une étoile filante du surréalisme oriental », elle fait ses débuts à L'Écho des souffles en 1968. D'abord journaliste au quotidien Le soir , elle dirige ensuite les services culturels de plusieurs journaux au Liban, alors ravagé par la guerre civile (1975-1990). Sa rencontre à Beyrouth avec l'écrivain et poète français Marc Alyn en 1972 va bouleverser sa vie (comme en témoigne la correspondance Ma menthe à l'aube, mon amante : correspondance amoureuse , Marc Alyn, Nohad Salameh, éd. Pierre-Guillaume de Roux, Paris 2019), jusqu'à leur mariage et leur installation à Paris en 1989. Elle est l'autrice d'une vingtaine de recueils de poésie, ainsi que de nombreux livres d'artiste et de quelques essais, parmi lesquels je signalerai au moins Rimbaud l'Oriental (Cahiers Poésie Lascours, 1991) et Marcheuses au bord du gouffre (La Lettre volée, Bruxelles 2017) sur onze figures tragiques de la littérature féminine. Le Livre de Lilith (2016), consacré à Nadja, Camille Claudel et les « captives d'Alzheimer », constitue une approche novatrice de la condition des femmes. Ses poèmes ont été traduits en arabe, en espagnol, en roumain et en serbe, ainsi qu’en italien.


Cette bio-bibliographie rapide et incomplète peut néanmoins être utile pour comprendre la complexité des expériences et la pertinence littéraire de cette écrivaine ; Cependant, comme c'est le cas de cette chronique, il faut l'intégrer à un examen des composantes stylistiques et thématiques qui caractérisent l'œuvre, afin de trouver confirmation de ce qui a été dit jusqu'à présent.


Un lien intime avec la forme


D'un point de vue formel, ses poèmes sont généralement constitués de vers libres, parfois articulés en strophes asymétriques, alors que tous les livres pris en considération ici (« Le livre de Lilith », L'atelier du Grand Tétras, Mont de Laval 2016, « Les Éveilleuses », Idem 2019, et Il tempo muore , cit.), ainsi que Passagère de la durée (Editions Phi, Differdange 2010) sont divisés en sections composées de séquences de textes numérotées ou séparées par des astérisques, ce qui semble révéler la nécessité d'un développement plus large, presque d'une structure narrative. «Je me prêtais, non sans agrément, à une liaison intime avec la forme, de façon à épouser les divers registres du transfert poétique, en l’occurrence thématique, allant du verset au poème en prose, pratiquant une fusion de la prose poétique et du vers, avant d’aboutir au langage concis , cisaillé de silences. » (N. Salameh, D'Autres annonciations , Le Castor Astral, Pantin 2012, p. 10)


Les principaux nœuds thématiques


Les principaux nœuds thématiques sont déjà apparus, comme la forte attention portée aux questions féminines – « Personnellement, j’appartiens à la génération des écrivains femmes qui a laissé loin derrière elle les temps d’obscurantisme où le Moi féminin de l’écriture ne pouvait émerger sans se heurter aux limites des interdits et des tabous sociaux. » N. Salameh dans Gwen Garnier-Duguy, Rencontre avec Nohad Salameh, cit.) ; appartenant à « […] « un surréalisme levantin surgi de mes abysses. » N. Salameh, D'Autres annonciations , cit. p. 10-11) d'où jaillit une dimension onirique riche de mystère ; la double nationalité franco-libanaise qui provoque des « déchirements interminables entre deux langues et une double culture» (N. Salameh, D'Autres annonciations, cit. p. 10) ; le sentiment universel du temps et la pertinence du sujet érotique-amoureux. Ce n’est donc pas un hasard si le mot femme (femme, mais aussi épouse) est le plus fréquent dans les recueils que j’ai pris en considération (les précités « Il tempo muore », « Le livre de Lilith » et « Les Éveilleuses »). Il s’agit cependant d’un mot trop générique qui nécessite d’être placé dans son contexte pour devenir sémantiquement décisif ; Il convient donc de lire quelques versets.  Commençons par le texte d'ouverture de la première partie, intitulé Le Livre des Présences, des Éveilleuses :


De quelle béance

émergent en moi ces présences

sanglot d’oiseau surnaturel

ou lucioles issues d’un monde parallèle ?


Vers quel havre de grâce

progressent ces invisibles

qui remontent le temps sinueux

de la germination

jusqu’au château des vocables 

hypnotisées par ma parole

– ces bienveillantes vêtues de fraîche solitude

qui m’apprivoisent dès l’Appel

nues et proches 

ainsi qu’un secret ?


Une réponse sous une forme douteuse apparaît immédiatement dans le premier quatrain du poème suivant :


Seraient-elles le porte-voix de l’autre rive :

femmes d’avant la Chute

d’avant la Faute 

à jamais épargnées ?

 

Dans ces séquences de vers libres on retrouve la valeur symbolique, d'images d'inspiration, attribuée à ces présences. Les Éveilleuses poursuivent le travail commencé en prose avec Marcheuses au bord du gouffre : en effet, dans la section intitulée Conquérantes , quelques femmes célèbres sont présentées (je dirais presque illustrées) (Lou Andreas Salomé, Colette, Karen Blixen, Gabriela Mistral, Simone de Beauvoir, Marguerite Yourcenar, etc.), tandis que dans la section finale, Vol au-dessus du volcan, on retrouve celles que la vie a bouleversées malgré nous avoir laissé des œuvres inoubliables (Sibilla Aleramo, Virginia Woolf, Anna Achmatova, Dora Carrington, Cristina Campo, Ingeborg Bachmann, etc.). 

Mais plus qu'une liste de noms, je crois que certains attributs relatifs aux femmes peuvent nous éclairer (en gardant à l'esprit que tous les titres/noms sont accompagnés de périphrases descriptives, comme par exemple « Colette : Les Noces du réel et de l'imaginé », « Karen Blixen : Shéhérazade des mers de glace », etc.) : Femmes de plusieurs regards/ et de douleurs fécondes ; femme plurielle et célibataire; pour nous unir à vous, femmes-filles/femmes-sœurs, roseraie des blessures ; Femme aux péchés exquis/ pareille aux orchidées du purgatoire – et nous voici, comme dans certains exemples précédents, en plein dans le Livre de Lilith . Carole Mesrobian, parlant du Livre de Lilith,nous dit, entre autres : « Lilith apparaît non plus comme la face noire de la lune, mais comme la part nécessaire à la révélation de la lumière. L’introspection n’est plus ni féminine ni masculine, les clivages sont abrogés, dépassés par la parole de la poète qui en une langue imagée et travaillée de manière à en déployer toutes les potentialités sémantiques permet d’ouvrir la voie à la part d’Humanité que chacun de nous porte.” – Mesrobian C., Nohad Salameh, éponyme au poème in NU(e) numéro 74, Nice, novembre 2021, p. 371)

J'ajouterais que la section L'infini servage de la femme des Éveilleuses elle porte en épigraphe une citation de Rimbaud  « Quand sera brisé l’infini servage de la femme,/ quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme,/ jusqu’ici abominable,- lui ayant donné son renvoi,/ elle sera poète, elle aussi ! » confirmant l'importance du poète de Charleville dans l'œuvre de Salameh, qui nous donne dans cette section une vision cruelle des pratiques haineuses qui continuent d'être infligées à de nombreuses femmes encore aujourd'hui : excision, mise à mort des filles à la naissance, féminicides, etc.


Nohad Salameh poète de l'exil


L'expérience de l'auteur contribue évidemment à enrichir encore davantage la trame de l'œuvre poétique, mais la définition de poète de l'exil peut avoir, dans le cas de Nohad Salameh, un double sens : – celui littéral d'une femme qui a quitté son pays natal en 1989, le Liban, qui était à l'époque ravagé par la guerre civile (1975-1990) à laquelle l'écrivaine a participé à travers la rédaction d'un journal de guerre, Les Enfants d'avril (Le Temps Parallèle, 1980) – dont, à l'occasion de la réédition dans l'anthologie D'autres annonciations (2012), elle dit « […] un langage inhérent à l’inspiration tragique de ce conflit lointain, même s’il se révèle susceptible de s’adapter à la conjoncture actuelle de tant de pays. Dépourvu par nature de frontières, le poème ne s’harmonise-t-il pas avec toutes les différences ? " – et les chroniques parues à Beyrouth dans le quotidien Le Réveil pendant les années d’occupation syrienne, un pays, le Liban, impliqué aujourd’hui encore dans l’instabilité pérenne de la zone moyen-orientale ; – mais aussi celle métaphorique (et en ce sens commune à toute l'humanité) d'un exil de sa propre enfance (de son propre paradis terrestre ?) qui revient sous la forme d'un souvenir parsemé d'arbres (« vergers immaculés » par exemple), d'oiseaux (moineau, ramiers, etc.) et d'objets d'affection (comme par exemple « des médailles dorées en carton »). Nohad, dans l’interview citée plus haut, nous dit encore : « Dans mon recueil Les Lieux visiteurs , le Nous de l’angoisse, face à l’exil et à l’errance imposés par les mutations géographiques, se traduit par des questions plus vastes:


Où se situe le Lieu ?

Où commence et finit notre fuite vers le non-dicté

affiché aux portes de l’île ?

Où s’édifie la Résidence : sous la flèche de l’aube

qui déjà nous vit depuis des saisons

ou contre le mur lézardé lorsque le noir 

se découpe en palmes bleues ?


Cette capacité à transformer l'expérience individuelle en sentiment universel, sans dissoudre sa signification dans un universalisme générique, me semble être l'une des qualités qui font que la poésie de Nohad Salameh est vraiment de première importance dans le panorama international.


Le temps, ennemi et allié


Un rôle fondamental est attribué au Temps (choisi pour le titre de l’ouvrage entier publié en Italie, composé de trois sections d’œuvres inédites) dans sa valeur multiforme de – pardonnez-moi l’extrême réductionnisme – ennemi et allié, fondement de l’édifice de la mémoire et dissipateur de l’existence « Combien d’heures encore/ à l’horloge du cœur ? » Par exemple, dans Les Éveilleuses, on trouve ces vers à la fin du sixième poème de la première section : 


Grâce à votre médiation

le Temps pulvérisé reconstitue ses marges

de l’alpha à l’oméga 


Nombreux sont les adjectifs attribués au temps qui s'écrit parfois avec une minuscule initiale, d'autres fois avec une majuscule : sinueux, habitable, désaxé, sans mesure, ancora pulverisé, assassiné, inachevé, virtuel, ambigu, soluble, prisonnier, etc. Or nous rencontrons (dans L'infini servage de la femme , III de La malvenue ) ces vers : 


[…]tandis que sur les deux rives

le temps surgi du Temps

se vide de sa sève.

Et dans Dames blanches de l'obli, XII :

Le temps assassiné

qui circule en vos veines

réinvente le temps virtuel.


De ces trois derniers courts extraits nous pouvons comprendre certaines choses :

1) qu’il existe réellement un « Temps » et un « temps » ;

2) que le Temps peut être pulvérisé mais peut être reconstitué ;

3) que le temps peut surgir, naître, du Temps ;

4) que le temps peut être assassiné, une métaphore du temps de la vie qui a été nié par le meurtre ;

5) qu’elle a la capacité de se réinventer, elle est donc acteur au sens où elle agit ;

6) qu'il existe aussi un temps virtuel. 


La deuxième partie éponyme du livre paru en Italie, Le temps meurt de ses propres blessures , confirme la notable complexité de cette figure, qui devient Temps ambigu , Temps soluble , temps prisonnier de nos rires, Le Temps se met en marche et enfin :


Le Temps demeure éternel

lorsque nous touchons des yeux

le rivage de l’enfance

avec ses vergers immaculés

et ses médailles de carton doré.


Le temps qui meurt de ses propres blessures

lape le lait frais de nos années

de sa langue de sphinge.


Écoutez la lecture des poèmes Le temps partagé © Éditions d'art FMA 2024 par l'autrice

Écoutez la lecture des poèmes Le temps partagé © Éditions d'art FMA 2024 par l'autrice

Comme on le sait, le temps est l’un des principaux sujets traités par les philosophes de tous les âges ; peut-être pourrait-on faire remonter la dichotomie temps/Temps à la dichotomie grecque antique chrònos/Kairos , ou considérer qu'il existe un temps circulaire ou cyclique et un temps linéaire, mais aussi un temps virtuel, etc. Je me rends compte que ce n’est pas ici l’espace où approfondir ces questions et je les propose au lecteur seulement comme des suggestions qui viennent des vastes territoires dans lesquels s’étend la poésie que nous lisons.


Cette toile enchanteresse : tarab, songe, rêverie


Il me paraît essentiel de rapporter cette déclaration de Salameh parue dans Recours au poème en 2014 (Gwen Garnier-Duguy, Rencontre avec Nohad Salameh , cit.) qui précise encore le périmètre à l'intérieur duquel se développe la poétique de cet écrivain : « […] ce filet incantatoire fusant des entrailles du texte, que les poètes arabes nomment tarab en raison de cette forme de volupté qu’il procure chez le lecteur. Car toute poésie dénuée de cet élément vital demeure désincarnée, vouée à la décrépitude et à une abstraction décourageante. On comprend pourquoi en Orient la poésie, traditionnellement irriguée par cette luminosité du chant de l’origine, est parvenue à conserver jusqu’à présent ses hauts suffrages, tandis qu’en Occident, elle tend à perdre son pouvoir de fascination. »

L'émerveillement et le mystère peuplent les pages d' Il tempo muore dans lesquelles la dimension onirique donne lieu à des personnages/projections de l'inconscient qui s'affirment immédiatement grâce à l'usage insistant des majuscules : la Nuit, le Dormeur, se présentent aux yeux du lecteur déjà dans la première strophe du poème inaugural ; il suffit ensuite de faire défiler les pages pour trouver le Patineur, le Dormeur, le Visiteur, les Impalpables, etc. D'autres éléments sont encore présentés avec une majuscule, pour souligner leur importance capitale : le Livre du Temps Circulaire, l'Oblivion, la Nuit Prophétique, la Folie, etc.


La Nuit : madone noire sans figure

se mélange au corps de l’Endormie

et d’un trait

d’une touche grasse sans couture

repeint ses paupières en noir

tandis que l’Assoupie

se pare de sa chair d’organza

et s’en va exhumer le soleil du songe

flottant sur l’autre rive.


Nul désordre ni effritement

quand tout devient lisse et apaisé

livré au toucher hâtif de la sphère nocturne.


Métamorphosée par le glissement de la lumière

qui soudain bleuit

et invente ses tours d’ombre,

l’Endormie perce le tulle du cauchemar

en un balancement hâtif de bras

pareil aux ailes de moineaux 

palpitantes de frayeur.


– d’après Il tempo muore , cit. pp.10-11


Nous pouvons dire que nous nous trouvons dans un vaste territoire onirique où alternent rêve et rêverie (même si chez Nohad le songe, plus littéraire, l’emporte définitivement sur le rêve ), donc rêves nocturnes et rêverie qui s’entremêlent très souvent avec la mémoire, de sorte qu’une archéologie du soi se superpose à une archéologie réelle qui creuse continuellement le terrain de l’enfance et de l’adolescence. Cependant, au moins dans la troisième section d' Il tempo muore (Les lendemains interdits ), la conscience de la finitude de la vie humaine et de la présence vivante de la mémoire est contrebalancée, à plusieurs reprises, par une aspiration à la renaissance :


Pourtant

mille naissances se lèvent en leur chair

de jasmin


Il tempo muore , cit. pp. 44-45


Tu écris que tu renais du corps du poème

de cette durée ambiguë

qui supprime la césure de l’instant ;


Extrait de Time Dies , cit. pp.66-67


Je voudrais conclure avec cette image de renaissance à partir du corps de la poésie, qui fait de cette poétesse une sorte de phénix (et n'est-elle pas, après tout, permettez-moi le jeu de mots, une Phénicienne ?) qui continuera à renaître dans sa poésie pour une éternité humaine. Mais, comme le dit à juste titre Rossella Nicolò dans sa postface éclairante, « […] sa symbolique est un langage codé dont nous sommes loin de posséder toutes les clés ». Ainsi, à nous lecteurs, comme cela arrive toujours lorsqu'on aborde une poésie profonde et complexe, très humaine et mystérieuse, revient la tâche et le plaisir de lire et de relire ces vers plusieurs fois, en en tirant toujours de nouvelles interprétations et de nouvelles émotions intenses.


 
 
 

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